Rhumatismes Inflamatoires Chroniques
Vaincre les Rhumatismes Inflamatoires Chroniques
Imprimer

Les informations pratiques du réseau

Association Nationale de Défense contre l’Arthrite Rhumatoïde

Historique

  • L’ANDAR, association de patients, de type loi 1901, a été créée en 1984 grâce à la volonté de polyarthritiques bénévoles désireux de faire connaître cette affection méconnue et complexe. En 1988, l’ANDAR a rejoint l’AFLAR (Association française de lutte antirhumatismale) association reconnue d’utilité publique.
  • L’ANDAR a été la première association à oeuvrer en faveur des polyarthritiques pour vaincre la polyarthrite. Elle regroupe aujourd’hui 4000 adhérents répartis en France mais également dans plusieurs autres pays. L’association se compose de 21 antennes créées pour favoriser la proximité humaine.

Objectifs

Dès sa création l’ANDAR s’est fixé une triple mission :
  • faciliter le dialogue entre les malades et les divers praticiens
  • stimuler et contribuer financièrement à la recherche médicale
  • sensibiliser les autorités politiques, de tutelle, et le grand public aux problèmes posés par cette maladie
  • L’ANDAR propose deux types de services au polyarthritiques:
  • L’information et la communication, par la diffusion de brochures et autres supports, par les réunions des sections, et la participation à la recherche médicale sur la polyarthrite en finançant des projets scientifiques avec le concours de la Société Française de Rhumatologie et en soutenant l’Association pour la recherche sur la polyarthrite (ARP).
Association Nationale de Défense contre l’Arthrite Rhumatoïde
7 Rue des Calquières
34800 CLERMONT L'HERAULT
Mail: andar@polyarthrite-andar.com
Tél: 04 67 88 53 12 - Fax : 04 67 88 59 86
Site: www.polyarthrite-andar.com
 

L'Association Française des Polyarthritiques regroupe des milliers de patients atteints de polyarthrite rhumatoïde

INFORMER

Améliorer la qualité de vie des personnes polyarthritiques, l’AFP, association reconnue d'utilité publique, forte de ses 70 régionaux et départementaux, mène de nombreuses actions d’information sur la maladie et sur les traitements (revue trimestrielle Polyarthrite infos, salon de la PR à Paris et en région, édition de livres et brochures)

COMPRENDRE

Vivre avec une maladie chronique entraîne de nombreuses conséquences sur la vie quotidienne : travail, vie à la maison, déplacements, traitements, l’AFP a mis en place le service Entr’Aide, service téléphonique ou rendez-vous individuel gratuit ouvert à tous au 01 400 30 200. Patients et professionnels de santé peuvent bénéficier d’une écoute personnalisée et obtenir des réponses aux questions sur la maladie et les traitements, les droits et les aides disponibles.

PARTAGER

Porter la parole des patients auprès des pouvoirs publics et de toutes les instances décisionnaires dans le domaine de la santé, l’association représente et défend les malades dans différents groupes de travail et d’expertises (HAS, AFSAPPS, CISS…).

AGIR

Assurer l’égalité d’accès à l’information et aux soins afin de favoriser la prise en charge globale de la maladie, apporter un soutien actif à la recherche dans le but de vaincre la maladie, la douleur et d’empêcher le handicap, agir aussi au plan individuel avec la possibilité de saisir le service de protection juridique de l’AFP pour tous les litiges dont l’origine sont la polyarthrite rhumatoïde.

AFPric
9 Rue de Nemours
75011 PARIS
Mail: afp@nerim.net
Tél: 01 400 30 200 - Fax : 01 400 30 209
Site: www.polyarthrite.org

Jacques Sany : Président honoraire

Bureau

    • Pr Jacques SANY – Président d'honneur - Rhumatologue Retraité
    • Pr Christian JORGENSEN – Président - Rhumatologue hospitalier – Chef de l'Unité Clinique thérapeutique des maladies ostéoarticulaires -CHU Montpellier
    • Dr Sylvie FABRE- Vice Présidente en charge de l'Education Thérapeutique – Rhumatologue salariée à la Clinique Beau Soleil
    • Dr Michel AUTUORI – Trésorier - Rhumatologue libéral
    • Dr Yves-Marie PERS – Secrétaire Général - CHU LAPEYRONIE - Rhumatologue hospitalier - Unité Clinique des Maladies Ostéoarticulaires
    • Dr Pierre LEBLAY –Médecin coordonnateur Rhumatologue libéral

Membres

    • Mme Chantal COLOMBIER - Représentante des patients
    • Pr Jean-Pierre DAURES - Professeur de santé publique
    • M. Lionel FALGUIERE - Podologue - En charge de la communication
    • Dr Dominique FOURNET - Rhumatologue libéral
    • M. Benoît GA dit GENTIL - Masseur Kinésithérapeute libéral
    • Dr Hind LE TAIEF - Rhumatologue hospitalier, chef de clinique CHU LAPEYRONIE Montpellier
    • M. Axel PELLAN - Activité Physique Adaptée – (APA) En charge du développement des ateliers ETP
    • M. Jean-Marie REVERSAT - Masseur Kinésithérapeute libéral
 

L’évaluation de l’activité d’une polyarthrite rhumatoide

L’évaluation de l’activité d’une polyarthrite rhumatoïde repose sur un certain nombre de mesures qui aboutissent à un score global qui aide le rhumatologue dans le suivi du traitement.

« Mesure » de la douleur

C’est ainsi que l’on compte le nombre d’articulations douloureuses, le nombre d’articulations enflées et que l’on évalue certains éléments comme la douleur, l’activité de la maladie sur des échelles visuelles analogiques qui correspondent en fait à un trait horizontal de 10 cm sur lequel le patient indique où il se situe au moment de la consultation. Par exemple, pour la douleur, l’échelle comporte un repère visuel qui va de « absence de douleur » à « douleur très intense » ceci sur une face de l’échelle que l’on présente au patient ; sur l’autre face, il y a une échelle millimétrique qui permet de mesurer précisément la douleur en tenant compte de l’endroit où le patient a tracé le trait indiquant sa douleur. Il en est de mê me pour les autres mesures.

Mesures par analyses sanguines

On évalue aussi l’activité de la PR grâ ce à des analyses de sang qui mesurent la vitesse de sédimentation globulaire et la protéine C réactive qui sont des marqueurs de l’inflammation. Certaines de ces mesures sont utilisées pour calculer un score global d’activité de la maladie, le DAS (Disease Activity Score ou Score d’Activité de la Maladie) 28 car il est mesuré sur 28 articulations. Cet indice est très utile : par exemple, un malade atteint de polyarthrite rhumatoï de qui a un indice supérieur à 5 ne va pas bien et il faut modifier son traitement pour arriver à obtenir un indice beaucoup plus faible : les PR peu actives ont un DAS généralement inférieur à 2,4.

Indice de qualité de vie

On utilise aussi beaucoup des indices de qualité de vie qui sont en fait des questionnaires remplis par le patient comme par exemple l’indice HAQ qui est validé dans de nombreuses langues européennes y compris le franç ais. C’est un indice qui explore la capacité à effectuer les gestes de la vie courante dans 8 domaines d’activités et ceci pour les 8 derniers jours. On aboutit à un score qui varie de 0 à 3.

L’évaluation radiographique

L’évaluation radiographique se fait grâ ce à des radiographies des poignets, des mains et des pieds réalisées régulièrement, au moins une fois par an pour surveiller l’évolution des lésions radiographiques. Si le traitement est véritablement très efficace, l’évolution doit ê tre très faible ou absente.

Le diagnostic

Diagnostic clinique
    • Etant donné le caractère très hétérogène de la maladie dont la sévérité et l’évolution varient d’un individu à un autre, le diagnostic de la PR n’est pas facile. Simples douleurs nocturnes sans déformation avec enraidissement articulaire matinal, fatigue extrême, petit amaigrissement, enflure de certaines articulations de la main ou des avant-pieds…la présentation clinique de la maladie au début peut être très variable.
    • Dans un premier temps, il convient d’éliminer d’autres maladies articulaires dont la présentation clinique peut ressembler à celle de la PR. Cette phase du diagnostic inquiète souvent le patient qui à l’impression que le médecin n’a pas de diagnostic précis à lui proposer. Pourtant un interrogatoire minutieux et attentif permettra au soignant, en procédant par élimination, d’arriver au diagnostic de PR.
Examens complémentaires
    • Les examens biologiques et radiographiques permettent surtout devant une PR en début d’évolution, d’éliminer d’autres diagnostics, plus que de confirmer directement la maladie.
Le bilan biologique
    • Recherche de signes d’inflammation (augmentation de la vitesse de sédimentation globulaire et de la protéine C-réactive).
    • Recherche du facteur rhumatoïde (réaction de Waaler-Rose ou test au latex), généralement négative au début de la maladie.
    • Recherche des anticorps antipeptide citrulliné (anti-CCP) qui sont inconstants mais très spécifiques dela PR.
    • Recherche des anticorps antinucléaires, pour éliminer une maladie lupique.
    • Etude du liquide synovial, pour éliminer des maladies infectieuses.
Le bilan radiographique
  • Bien que souvent normal en début d’évolution de la PR, ce bilan constitué de clichés des mains, des pieds, des poumons restera un élément de référence très utile dans la suite du traitement. La place des autres explorations d’imagerie (IRM, échographie) est en cours d’évaluation.

A savoir sur la Polyarthrite Il est aujourd’hui démontré que les lésions articulaires de la PR se développent avant tout pendant les trois premières années de son évolution. Certains traitements médicamenteux dont nous disposons actuellement, particulièrement certaines biothérapies, peuvent arrêter l’évolution des lésions structurales au cours de la PR. Il est donc essentiel d’effectuer un diagnostic précoce de la maladie, afin de stopper son évolution et d’empêcher l’apparition de lésions structurales définitives.

 

Le traitement de la PR fait appel à une prise en charge globale qui considère tous les problèmes rhumatologiques ou non, médicaux ou non, posés par le patient. Principes généraux du traitement de la PR : la stratégie thérapeutique repose sur l'association de plusieurs éléments qui sont adaptés de façon individuelle chaque fois : l'information du malade, l'approche médicopsychologique, les traitements par des médicaments généraux ou locaux, la rééducation fonctionnelle et parfois la chirurgie. L'information est essentielle : elle aide les patients a se battre contre la PR afin qu'ils vivent aussi normalement que possible. Il faut absolument éviter les interdits et conseiller au patient de poursuivre si possible son activité professionnelle

  • Cette stratégie thérapeutique est élaborée à la « carte » autour, avec et pour le patient, par une équipe soignante pluridisciplinaire qui, réunie sous la direction du rhumatologue regroupe : médecin de rééducation fonctionnelle, médecin généraliste, chirurgien orthopédiste, psychiatre(ou pedo-psychiatre s'il s'agit d'un enfant), pédiatre ainsi que des professionnels du paramédical : infirmières, kinésithérapeutes, ergothérapeutes, podologues, assistantes sociales, psychologues, diététiciens, et orthésistes.
  • La prise en charge globale personnalisée, organisée autour du patient par une équipe pluridisciplinaire, est l’une des principales raisons d’être du Réseau Polyarthrite Rhumatoïde Languedoc-Roussillon, un réseau « ville-hôpital », assurant le lien et la coordination entre les soignants libéraux et les centres hospitaliers universitaires ou généraux.

Information

    • Tous les membres de l’équipe soignante sont là pour vous renseigner sur les traitements, les modalités de la rééducation, les appareillages, votre vie quotidienne… N’hésitez pas à poser vos questions aux personnes qui vous soignent

Prise en charge médico-psychologique

Un ou plusieurs entretiens avec un psychiatre peuvent vous être proposés, cette approche peut vous permettre :

    • de mieux vous connaître et de faire émerger des questions que vous n’osiez pas poser, vos peurs et appréhensions
    • de reparler de votre vie avant la maladie, des premiers symptômes
    • de sortir d’un statut cloisonnant de « malade », de vous aider à accepter la maladie et à mieux vivre avec elle
    • de retrouver une harmonie psychoaffective, indispensable pour la bonne évolution d’une PR.

Traitement médicamenteux

    • Le traitement de la PR comporte des médicaments donnés par voie générale (par la bouche ou par injections) et des traitements locaux administrés dans les articulations (injections ou infiltrations intraarticulaires).

Par voie générale, on retrouve 3 grands groupes de produits : les antalgiques, les anti-inflammatoires, les traitements de fond.

  • 1 - LES ANTALGIQUES : qui calment la douleur (paracétamol par exemple), et les ANTIINFLAMMATOIRES non stéroïdiens (ce qui signifie non dérivé de la cortisone) qui agissent sur la douleur et sur l'inflammation. Il est possible d'associer un médicament antalgique à un anti-inflammatoire non stéroïdien, mais il ne faut jamais associer deux anti-inflammatoires anti-stéroïdiens, car cela augmente les risques d'effets indésirables sans avoir de synergie. Un traitement anti-inflammatoire doit être surveillé ; votre médecin vous indiquera les effets indésirables possibles. Ces produits peuvent entraîner des lésions digestives (ulcères à l'estomac) et perturber le fonctionnement rénal de certains malades. Il faut être particulièrement prudent après la soixantaine car les effets indésirables de ces anti-inflammatoires peuvent être sérieux.
  • 2 - LES ANTI-INFLAMMATOIRES stéroïdiens correspondent à la cortisone. C'est un anti-inflammatoire puissant dont les indications sont limitées. Votre médecin a l'habitude de manipuler ce groupe de produits. La cortisone est généralement employée par voie orale à faible dose (inférieure à 15mg de Cortancyl® ou de Solupred®) par jour en une seule prise matinale. Il faut éviter les "à-coups" et réduire très lentement les doses (1mg par mois par exemple) pour éviter les rebonds de l'inflammation. Parfois de fortes doses sont administrées en perfusions ("bolus") pendant deux ou trois jours. Il faut éviter la cortisone par voie intra-musculaire. La cortisone peut entraîner divers effets indésirables dont votre médecin vous avertira. Un traitement prolongé par la cortisone nécessite une surveillance osseuse et un apport de calcium et de vitamine D.
  • 3 - LES TRAITEMENTS DE FOND : ces traitements sont susceptibles de freiner ou d'arrêter l'évolution de la maladie. Ils sont donc d'une importance majeure. Ils sont d'autant plus efficaces qu'ils sont administrés précocement. On les utilise associés aux antalgiques et aux anti-inflammatoires.

 sels d’or (Allchrysine® )IM

methotrexate : IM ou peros (Novatrex® Metoject® )

 antipaludéens(Plaquenil® , Nivaquine® )

 leflunomide (Arava® )

 Salazopyrine

 Agents anti-TNFα  :

- infliximab - Remicade® (perfusion)

 - etanercept - Enbrel® (sous-cutané)

 - adalimumab - Humira® (sous-cutané)

 Thiolés :

- Trolovol®

 - Acadione®

 ciclosporine A (Néoral® )

 Agent anti-IL1 :

- anakira - Kineret® (sous-cutané)

 Autres :

- rituximab - Mabthera® (perfusion)

 - abatacept - Orencia® (perfusion)

Les traitements de fond de la Polyarthrite Rhumatoïde ; les traitements indiqués à gauche sont actuellement peu utilisés.

Votre rhumatologue connait les indications et contre indications de ces traitements. Il pourra vous prescrire le traitement qui lui semble le plus approprié à votre maladie. Le traitement de fond n'agit pas avant quelques semaines. Il peut entraîner des effets indésirables. Un bilan clinique et biologique particulier est parfois nécessaire avant la mise en route d'un traitement de fond. Une surveillance clinique et biologique est nécessaire. Vous devez donc consulter régulièrement votre médecin généraliste et votre rhumatologue.
Le méthotrexate® existe sous forme injectable (Metoject®, Methotrexate®, Ledertrexate®) ou par voie orale (Methotrexate®, Novatrex®). Utilisé depuis plus de 20 ans, c'est le traitement pilote de la polyarthrite rhumatoïde.
Le leflunomide (Arava®) se présente sous forme de comprimés dosé à 10 ou 20 mg que le patient prend chaque jour.
Ces deux produits appartiennent au groupe des antimétabolites. Les biothérapies :
Les biothérapies constituent une nouvelle famille de médicaments issus du monde biologique grâce aux biotechnologies, contrairement aux médicaments classiques qui sont issus de la chimie de synthèse.
Les premières publications scientifiques sur ce sujet datent de 1998. Il s'agit de drogues ciblées qui agissent spécifiquement sur une substance responsable de l'inflammation et des lésions articulaires. Ainsi, ont été créés des biothérapies dirigées contre le TNFα, l'Interleukine1, l'Interleukine 6 et aussi des biothérapies qui agissent sur certains acteurs de la réponse immunitaire comme le lymphocyte B ou le lymphocyte T. Les biothérapies actuellement commercialisées pour le traitement de la PR sont les suivantes :

- Agents anti TNFα ce sont les premiers apparus.
Ils comprennent :
- anticorps monoclonal anti TNFα :
- infliximab : Remicade® (perfusion intraveineuse) - (autorisation de mise sur le marché (AMM) dans la PR en Juin 2000).
- adalimumab : Humira® (injection sous-cutanée) - AMM dans la PR en Septembre 2003, dans les Arthrites Juvéniles Idiopathiques (à partir de 13 ans) en Septembre 2008).
- récepteurs solubles du TNFα :
- etanercept : Enbrel® (injection sous-cutanée) - AMM dans la PR en Février 2000.
- Agent anti interleukine 1 :
- anakinra : Kineret® (injection sous-cutanée) - AMM dans la PR en Mars 2002.
- Biothérapie agissant sur le lymphocyte B :
- rituximab : Mabthera® (perfusion intraveineuse) - AMM dans la PR en Juillet 2006.
- Biothérapie agissant sur le lymphocyte T :
- abatacept : Orencia® (perfusion intraveineuse)
D'autres biothérapies sont à l'étude notamment le tocilizumab dirigé contre l'interleukine 6. Les biothérapies ont des indications et des contre-indications précises que connaît votre rhumatologue. La prescription initiale est faite par un médecin hospitalier. Ces médicaments sont réservés aux malades qui n'ont pas répondu de manière satisfaisante à un traitement de fond bien conduit par le méthotrexate pendant 3 mois ou qui ont des PR particulièrement agressives. Les biothérapies sont, le plus souvent, associées aux méthotrexate.
Les biothérapies sont capables d'arrêter l'évolution de la maladie dans un grand nombre de cas. Chez l'enfant, seul l'Enbrel® (à partir de 4 ans) et l'Humira® (à partir de 13 ans) sont commercialisés.
La mise en route d'un tel traitement nécessite un bilan préalable avec notamment la recherche de foyers infectieux méconnus. Le suivi du patient traité par le médecin généraliste et le rhumatologue doit être régulier et rigoureux à cause du risque infectieux (infections banales ou parfois tuberculeuse) induit par ces drogues. Cependant, en général, ces traitements sont très efficaces et bien tolérés.

Les traitements locaux : les injections intra-articulaires

Des injections intra-articulaires ou infiltrations intra-articulaires d'un dérivé corticoïde (cortisone) sont parfois proposées. Elles entraînent un soulagement rapide. Elles ne doivent pas être renouvelées trop souvent à cause de la diffusion dans l'organisme du produit injecté dans l'articulation.
Synoviorthèses : utilisées depuis 1968 en France, il s'agit de l'injection intra-articulaire d'un isotope (produit radioactif) à durée de vie courte (quelques jours). Le produit radioactif injecté détruit l'inflammation synoviale.
Ce traitement utilisé depuis 40 ans chez l'adulte donne souvent d'excellents résultats. En cas de persistance d'une inflammation sévère et localisée à une articulation, une synovectomie sous contrôle arthroscopique peut être envisagée.

Rééducation

    • La rééducation fonctionnelle occupe une place majeure dans le traitement de la PR quelque soit son stade évolutif y compris au début. En effet, une rééducation bien conduite et précoce évite les déformations et empêche l’enraidissement qu'il est toujours difficile de traiter ultérieurement.
    • Cette rééducation repose sur une prise en charge par des kinésithérapeutes et des ergothérapeutes. La rééducation n’est pratiquement jamais contre-indiquée. Après quelques séances de kinésithérapie et d’ergothérapie, le patient continue lui-même sa rééducation à domicile selon les conseils qui lui ont étédonnés par les professionnels de santé qui l’ont pris en charge.

A quoi sert la rééducation ?

    • à freiner l’évolution de la maladie en évitant l’enraidissement.
    • à établir un plan d’action afin de vous donner les moyens de lutter et de vaincre.
    • à lutter contre la douleur.
    • à mobiliser l’ensemble des articulations.
    • à entretenir et développer la force musculaire par des exercices doux et répétitifs.

Quelles différences entre la kinésithérapie et l’ergothérapie ?

    • Ergothérapie et kinésithérapie sont deux disciplines de rééducation complémentaires et indissociables.

L’appareillage

    • La confection d’appareillages de repos est toujours utile. Ces appareillages sont confectionnés surtout pour les mains et les poignets, parfois uniquement pour certains doigts. Ils diminuent les douleurs et l’inflammation et évitent les déformations s’ils sont utilisés régulièrement.
    • Leur utilisation doit être associée à des séances de rééducation spécialisée sous forme d’ergothérapie si possible pour éviter l’enraidissement articulaire qui s’installe vite au début de la PR et peut parfaitement être prévenu par une prise en charge rééducative adaptée.

Podologie

    • L’atteinte des pieds est extrêmement fréquente au cours de la PR et elle est invalidante. Les podologues jouent un rôle important dans la prise en charge des patients atteints de PR.
    • Les soins de pédicurie doivent être fait de manière rigoureuse et soigneuse dans d’excellentes conditions d’hygiène car les durillons plantaires peuvent se surinfecter, ce qui est susceptible d’entraîner des infections très sévères chez des patients qui reçoivent par ailleurs des immunodépresseurs et qui ont parfois une prothèse du genou ou de la hanche qui pourrait s'infecter.
    • La confection de semelles plantaires est très souvent utile et dans les cas très évolués où il y a une contre-indication à un traitement chirurgical, on peut envisager la confection d'un chaussage sur mesure. Il est possible, si l’on s’adresse à des podo-orthésistes qualifiés, de concilier esthétique et chaussures orthopédiques.
    • La rééducation des avant-pieds sous contrôle du kinésithérapeute donne souvent de bon résultats carl’enraidissement des avant-pieds s’avère généralement douloureux et gênant. Les aides de marche ou cannes doivent être évitées tant que cela est possible. En effet, l’utilisation de cannes pour la marche entraîne une aggravation des lésions articulaires des bras.

Chirurgie

    • La chirurgie fait partie du traitement de la PR. Les indications opératoires sont discutées lors de consultations médico-chirurgicales qui réunissent le rhumatologue et le chirurgien orthopédiste autour du malade.
    • Divers types d’interventions chirurgicales peuvent être proposés : par exemple, pour les membressupérieurs les ténosynovectomies (ablation du tissu inflammatoire qui entoure les tendons) lorsqu’il y a une inflammation tendineuse chronique (ténosynovite) faisant courir un risque de rupture tendineuse ou une synovectomie (ablation de la synoviale enflammée) du poignet. Parfois des gestes de stabilisation à type d’arthrodèse du poignet ou de la métacarpo-phalangienne du pouce sont nécessaires (blocage de l'articulation).
    • La chirurgie des membres inférieurs est dominée par les prothèses des hanches et des genoux, parfois des chevilles.
    • On peut également proposer des gestes d’arthrodèse de l’arrière-pied ainsi que parfois un réalignement métatarsophalangien lorsqu’il y a d’importantes déformations des avant-pieds.
    • D’autres interventions chirurgicales sont également possibles notamment portant par exemple sur la partie haute du rachis cervical.
    • On estime qu’environ un quart des patients atteints de PR sont opérés. Ces gestes chirurgicaux nécessitent un chirurgien orthopédiste habitué à la chirurgie du rhumatisme et souvent une réadaptation fonctionnelle post-opératoire très rigoureuse.

Prise en charge sociale

L’assistante de service social fait partie de l’équipe pluri-disciplinaire constituée autour du malade atteint de PR; elle vous aidera lors d’entretiens individuels à faire le point sur votre situation professionnelle, familiale ou personnelle.

La prise en charge de la PR par les organismes d’assurance maladie

    • Un remboursement à 100%
      Reconnue comme affection de longue durée, la polyarthrite rhumatoïde fait partie des 30 maladies bénéficiant de l’exonération du ticket modérateur. Tous les soins relatifs à cette maladie sont remboursés à 100% par l’assurance maladie.
    • Arrêt du travail
      En ce qui concerne les affections de longue durée comme la PR, les indemnités journalières peuvent être versées pendant une durée maximum de 3 années consécutives. Passé ce délai, si la personne ne peut reprendre son travail ou se trouve dans l’incapacité d’exercer toute autre activité professionnelle, l’assurance invalidité prendra le relais.
    • La mise en invalidité
      L’assurance invalidité a pour objet de couvrir les risques d’incapacité permanente, totale ou partielle de travail. La décision de mise en invalidité appartient au médecin conseil de l’assurance maladie. L’intéressé est alors classé dans l’une des 3 catégories, selon son degré d’incapacité. L’assurance maladie lui verse alors une pension.

Mesures en faveur des personnes handicapées

  • Un certain nombre de mesures ont été mises en place en faveur des personnes handicapées (loi du 30 juin 1975). La COTOREP commission technique d’orientation et de reclassement professionnel, a été mise en place à cet effet dans chaque département. Ses deux pôles de compétences sont l’insertion sociale et professionnelle.
  • Au total : il y a de nombreuses possibilités pour traiter une PR avec efficacité. Un diagnostic précoce permet d'instituer un traitement très tôt permettant d'arrêter l'évolution. Les biothérapies constituent un progrès majeur du traitement médicamenteux. Cependant la prise en charge multidisciplinaire notamment rééducative et podologique reste toujours d'actualité.

A savoir sur la Polyarthrite
Mieux connaître sa maladie et mieux se connaître sont deux aspects indissociables pour gérer l’évolution de la maladie et les traitements qui vous sont proposés.

Le traitement précoce de la PR a pour but de conserver la fonction articulaire, d’éviter les déformations et de maintenir l’autonomie fonctionnelle et l’insertion socioprofessionnelle du patient.

Qu’est-ce que la Polyarthrite Rhumatoïde ?

  • La Polyarthrite rhumatoïde est le plus fréquent des rhumatismes inflammatoires chroniques. Elle se caractérise par le développement d’une inflammation de la membrane synoviale (membrane qui tapisse l’articulation), appelée synovite rhumatoïde. Cette synovite peut entraîner des destructions articulaires plus ou moins importantes, plus ou moins rapides, la sévérité de l’atteinte articulaire étant très variable d’un patient à l’autre. Des déformations ou destructions articulaires et osseuses peuvent apparaître dans certains cas, source d’un handicap fonctionnel qui peut être majeur.
  • La PR est aussi une maladie de système, c'est-à-dire une maladie généralisée qui peut atteindre certains organes en plus des articulations comme par exemple les tendons, le coeur, le poumon, les vaisseaux. La PR peut être associée à d’autres maladies notamment au syndrome de Gougerot Sjogren qui se caractérise par une sécheresse de la bouche et de l’oeil ; certaines maladies thyroïdiennes notamment l’insuffisance thyroïdienne sont fréquentes au cours de la PR.
  • La PR est donc une maladie potentiellement invalidante et grave, nécessitant une prise en charge thérapeutique adaptée. Dans la majorité des cas, le diagnostic et le traitement précoces de cette maladie s’avèrent aujourd’hui très efficaces.

Circonstance d’apparition de la Polyarthrite Rhumatoïde

  • L’origine de la PR est due à un ensemble de facteurs qui ne sont pas toujours retrouvés, facteurs psychologiques, hormonaux, environnementaux, génétiques et immunologiques. Les facteurs psychologiques paraissent importants, le début de la PR faisant parfois suite à un événement de vie traumatisant (deuil, divorce…). Les facteurs génétiques interviennent pour environ 30% des facteurs déclenchants de la maladie et si ce terrain génétique n’est pas responsable de l’apparition de la PR, il peut toutefois influencer sa sévérité.

Incidence socio économique de la Polyarthrite Rhumatoïde

  • La PR pose un réel problème de santé publique. Comme toutes maladies chroniques, elle a un coût élevé. En effet, à cause des lésions articulaires qu’elle entraîne la PR retentit sur tous les domaines de l’activité quotidienne et notamment sur l’activité professionnelle, entraînant arrêts de travail, changements d’activité ou mises en invalidité. D’autre part, elle peut altérer profondément la qualité de vie du patient et être à l’origine de difficultés familiales.
    Cette maladie hétérogène nécessite donc une prise en charge globale (médico-psychologique et sociale) du patient, soutenu par une équipe soignante pluridisciplinaire.

A savoir sur la Polyarthrite
Une maladie à forte prédominance féminine
3 femmes pour 1 homme
La PR peut apparaître à n’importe quel âge
plus fréquemment entre 40 et 60 ans.

Fréquence dans la population :
- en Europe autour de 0,4 % à 0,8 %,
- en France autour de 0,5%.

Pour consulter les Statuts de l'association (PDF), c'est ici.

Coordination RIC Sud - Maison des Professions Libérales - 285 rue Alfred Nobel - 34000 Montpellier
Tel. 04 99 52 20 12 - Fax. 04 67 64 86 93
coordination.ric-sud@orange.fr